Lettre 26




En route, le 11/11/29
Armistice et St.-Martin !

                             Mon bien cher papa,

Mille fois merci de ton gentil mot joint à la lettre de Nite. Je répondrai à celui-ci très prochainement et écrirai aussi plus longuement.

Ce jour, surpris par l’urgence d’envoyer mon courrier à Sake pour l’arrivée du bateau (je m’éloigne vers l’intérieur), je t’envoie seulement un petit bonjour.

Comment va le pauvre oncle Louis ? Dans son état, la mort sera peut-être une délivrance – puisse-t-elle lui être douce. Oui, malgré tous ses torts, nous lui devons trop pour pouvoir l’oublier et j’ai toujours eu, malgré tout, de l’affection pour lui.

La rencontre des Cassidy a dû, en effet, réveiller pas mal de souvenirs et heureusement d’assez agréables – car, s’il n’y avait pas eu la guerre, nous aurions été tout à fait bien à Lancaster ; déjà malgré la guerre, nous n’y étions pas si mal !!
Tu vois quel « grand blanc » tu serais devenu … superintendant d’un County … ou de plusieurs – car, si Dr. Sephton, qui n’avait pas l’air d’un as, est devenu superintendant, quelle gloire attendait le B.L. !
Cependant, nous sommes mieux chez nous … ne trouves-tu pas ?
Les liégeois valent mieux que les anglais – même que les « patients » du County qui sont, peut-être, la partie la plus sympathique de leur population !

J’espère que Tensette et Lilice auront fait un bon et long séjour à Liège et qu’elles se portent à merveille – je n’ai plus, depuis longtemps, de nouvelles de Champigny, par « voie directe ».
Le major Hoeir sera-t-il déjà venu à Liège ? Si non, voici son adresse à Bruxelles : 2, avenue Princesse Elisabeth à Schaerbeek. J’ai reçu de lui une très longue lettre avec, surtout, des détails sur ses visites au ministère et des renseignements concernant la mission.
Il est malheureusement peu probable, d’après lui, que je puisse retourner au Ruanda pour y achever la triangulation. C’est dommage, car il y fait plus agréable que par ici.

Ici, cela ne va toutefois pas trop mal ; lentement cependant et il pleut encore beaucoup … mais ça n’est pas la faute du pays !
D’ailleurs, cela ne m’empêche pas de me porter à merveille – et, une fois les pluies calmées, cela ira mieux. C’est un changement ; le pays est beau si pas agréable et les populations plus intéressantes que celles de T.O. et des bords du lac Kivu.
Mon bien cher papa, je te laisse en te chargeant de mille baisers affectueux pour tous les frères et sœurs et les petits et Tante Maria, spécialement pour ma chère mother.
Je t’embrasse bien fort, avec tout mon cœur.

                             Léon



Et si on chantait ?
La môme caoutchouc – Frehel

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