Lettre 28




Masisi, le 24 novembre 29.

                             Mon bien cher papa, Ma bien chère mother,


L’année touche à sa fin déjà – son début fut bien triste et elle nous a apporté bien des peines et bien des soucis avant de nous donner quelques joies. Dieu veuille que 1930 soit complètement heureuse.
Je vous envoie, mon cher papa et ma chère maman, mes vœux les plus fervents et les plus tendres pour cette année nouvelle. Dieu veuille vous donner, avec la santé, toutes ses bénédictions et réaliser toutes vos espérances et tous vos désirs.
1930 s’annonce bien belle – pleine de réjouissances et d’événements.
Puisse ces événements être tous heureux et puissions nous célébrer toutes les fêtes attendues dans la joie et sans arrière-pensées.

Comme événements, il y a la fin des humanités d’Albert et ses décisions pour l’avenir, l’important examen de Nite et son admission à l’armée … d’autres encore certes, prévus ou non.
L’ordination de Charles est, à la fois, un événement et une fête unique et combien importante !
Avec cela, les fêtes nationales et les expositions qui vont mettre toute la Belgique en effervescence sur l’air de la Brabançonne.
1930 veut être bien joyeuse – puisse-t-elle l’être complètement.

Et il y a encore votre fête, chers papa et maman, vos noces d’argent et, à ce propos, je viens de recevoir une lettre de Charles et il me dit quelque chose qui me paraît fort juste : ce serait dommage de fêter ensemble et l’ordination de Charles et le 25ème anniversaire de votre mariage ; ces deux fêtes sont trop importantes pour les réunir et, fêtées ensemble, on ne saurait pas bien qui fêter le plus, ou de Charles, ou de vous.
Or, Charles a bien droit à sa fête ! l’unique, au plus grand jour de sa vie, où il est comblé de tant de bénédictions et chargé de tant de devoirs. C’est aussi une fête pour tous, car un peu d’honneur et beaucoup de bénédictions sans doute en retomberont sur nous tous, sur vous particulièrement.
Mais vous avez bien droit à votre fête spéciale aussi et nous avons bien droit à un jour spécial pour vous fêter « en grande pompe ! ».
Donc j’appuie Charles dans son projet de séparation ! J’ajoute que je réclame pour les enfants le privilège de s’occuper de la fête du 25ème anniversaire car, ce jour-là, vous devrez seulement « trôner » et recevoir nos hommages !
Quant à mon retour, j’y pense sérieusement, mais je ne puis encore qu’espérer que les choses s’arrangent pour un mieux et que 1930 me permette de vous revoir et de participer aux belles fêtes qu’elle nous promet !

Encore mille vœux de santé et de bonheur – bonne année ! Dieu veuille vous bénir ! Mon cher papa, ma chère mother, je vous embrasse bien tendrement comme je vous aime.

                                          Léon



Et si on chantait ?
Le grand Léon – Frehel

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